Je me souviens des années 2000 où je faisais connaissance avec internet à travers les cyber-café. Le premier site web que j’ai visité était le Top Chrétien. J’ai vécu cette rencontre comme un coup de foudre. Je découvrais tout ce que ce réseau pouvait apporter à notre monde. Surtout, pour la personne introvertie que je suis, c’était le graal.

Mon apprentissage a commencé par la conception des sites web. J’en étais passionnée. Un peu trop d’ailleurs. Je pouvais passer des jours et des nuits à chercher à comprendre les codes informatiques. Je montais et je démontais les sites web. J’étais une abonnée des cyber-café. Tout mon argent de poche y passait. J’avais décidé de maîtriser cette compétence, amoureuse du design que je suis. A l’époque, les sites web étaient facturés à plus de 1.000.000 Fcfa. Je n’avais que 21 ans.

Puis, un jour j’en ai eu marre. Je ne voyais pas tant de personne que cela s’intéresser à internet. Je ne connaissais que Google et quelques sites web que je visitais régulièrement. Les réseaux sociaux n’étaient pas dans mes habitudes. J’en ai eu marre d’être dans un environnement masculin, moi qui voulait tant me marier et avoir des enfants. J’étais seule, je n’avais pas une communauté comme “She Is the Code” à l’époque.

J’ai eu aussi peur car, je me demandais quel homme voudrait bien épouser une femme qui passe tout sont temps devant un ordinateur ? A l’époque, je m’engageais dans des projets en fonction de l’impact que cela pourrait avoir sur mes projets de fonder une famille. Ah, les femmes.

De plus, gagner sa vie en concevant des sites web, ce n’était pas très stable comme carrière. Pour mon âge, il me fallait avoir quelque chose de plus intéressant. Alors, j’ai abandonné. J’ai abandonné le code. J’étais convaincue que cette histoire d’internet ne ferait pas long feu en Afrique.

Mais, aujourd’hui, je vous l’avoue, je regrette. Je regrette d’avoir abandonné trop tôt. Je regrette de n’avoir pas poussé la réflexion plus loin. Souvent, je me demande qui je serais devenue si je n’avais pas abandonné ? Une Nina IKEJI, une Edith BROU bis ?
Je serais certainement devenue une référence en la matière pour les femmes et pour l’Afrique. J’aurai été une vraie source d’inspiration pour toutes celles qui aiment ces métiers soi disant faits pour les hommes. J’aurais été peut-être financée pour construire une école de formation en informatique pour les femmes.

Je me rends compte que nous sommes plusieurs, surtout les femmes à abandonner trop tôt. A la moindre contrariété. Au moindre obstacle. La notion de persévérance n’est pas encore inscrite dans nos habitudes. Nous n’aimons pas faire trop d’efforts, trop chercher, trouver des solutions par nous-mêmes.

Je le vois dans les programmes de coaching et j’ai mal. On ne cherche pas à pousser la réflexion plus loin que celle du coach.On ne cherche pas à contredire, à challenger le coach, à le pousser dans ses limites. On ne pose pas de questions, sinon très peu de questions. On ne laisse pas de commentaires par peur de ? Je ne sais quoi.

Mais ce qui me fait encore plus mal, on abandonne les programmes de coaching trop tôt. Je vois certaines personnes abonnées à tous les coachs du monde sans pour autant que leur vie change. A quoi cela sert-il ? Le développement personnel, ce n’est pas une baguette magique qui opère en une minute. Non, c’est un processus de transformation qui demande de la constance, du temps. Et le coach n’est pas un baby-sitter non plus. Ca, on y reviendra.

Mieux vaut ne pas s’inscrire à un programme que de s’inscrire et de ne pas se donner à fond. C’est frustrant pour le coach. Bref, que se serait-il passé si tu n’avais pas abandonné ? Voici ma question pour toi aujourd’hui.
A quel projet as-tu renoncé et qui aurait pu être quelque chose de grand aujourd’hui ?

Et quand je vis certains situations difficiles avec Priscanad, comme des trahisons (oui je n’aime pas la trahison), j’ai mal et parfois j’ai envie de tout envoyer balancer. Mais, je me souviens de l’époque des sites web et je me reprends.

Je continue malgré les coups, malgré les difficultés, je n’abandonne pas. Je suis calée. Et toi ?

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