Si on s’était rencontré en 2014 à l’époque de ma démission et que tu m’avais dit cette phrase : « je n’aime pas mon travail », je t’aurais dit : « démissionne, part, quitte ! » Mais, aujourd’hui je suis devenue un peu plus réaliste ou sage (je ne sais plus lequel est le bon mot) et voici ce que j’ai envie de te dire : Ta fidélité dans la routine te conduira vers ta prochaine promotion.

J’ai compris il y a quelque temps que le chemin qui mène à la réussite n’était pas toujours aussi plaisant. Il est plutôt souvent déplaisant. Oui, déplaisant parce que d’une manière ou d’une autre nous sommes emmenés à faire plus souvent et même toujours les choses qui nous ont fait réussir auparavant. Et le fait la répétition mène à la routine.

Lorsque j’étais en grandes écoles, on m’a fait croire que trouver un travail serait le summum de mon bonheur et résoudrait tous mes problèmes. J’ai fini par trouver ce travail et je n’ai pas atteint le bonheur promis. On m’a aussi dit que l’entreprenariat était la meilleure option et là aussi je me cherche encore. Par contre, il y a une chose qui est récurrente, dans ces deux cas : c’est la routine.

Dans le salariat, la routine se manifeste par le fait de faire les mêmes choses, de prendre toujours le même trajet, de voir les mêmes personnes souvent. Dans l’entreprenariat, bien vrai qu’ici tu as plus de marge de contrôle, très souvent tout se résume à la même chose : courir après les clients. Créer, proposer des offres, encaisser les sous et recommencer encore et encore parce que dans les débuts le moindre temps de répit se ressent (suis mon regard).

Alors, j’ai compris le secret. Le secret, c’est apprendre à être heureux avec ce que nous avons sous nos bras maintenant. C’est apprendre à être heureux dans la routine et se demander chaque fois comment puis-je être plus pour apporter plus ? C’est trouver un sens à ce qu’on fait qui nous dépasse. C’est trouver notre vrai pourquoi. Tant que notre pourquoi est lié à un gain immédiat, la routine sera plus lourde à supporter.

Je suis fière de Raïssa BANHORO, pour son prix RFI Challenge App Afrique. Je me souviens de la conversation que nous avons eue lors de l’innovation week de la BAD en 2015. Nous avons formé des équipes et nous devrions proposer des projets. Celui de notre pool était justement une application qui permettrait aux personnes en situation d’analphabétisme d’apprendre à lire et à écrire via le mobile. Dès qu’elle a su que notre projet ressemblait au sien, elle s’est empressée de me dire : écoute Prisca j’ai déjà développé cette application pour des tablettes, elle s’appelle Lucie (le nom de ma mère). Elle a dit cette phrase qui m’a marqué : pour l’instant, nous avons besoin de moyens pour la développer, je ne sais pas quand ça viendra. Nous n’avons pas les moyens pour communiquer comme Kelasi, mais je crois en mon projet et un jour il sera connu de tous. Raïssa c’est venu ! Bravo ! J’imagine que chercher des financements, participer à des concours n’a pas toujours été plaisant. Mais, tu y es.

Je me souviens aussi des grandes sœurs chères à mon cœur qui après plus de 10 ans de bons et loyaux services tardaient à décrocher une promotion et passer manager. Certaines d’entre elles ont versées tellement de larmes, ont été tellement frustrées. Je me rappelle nos échanges dans lesquelles elles étaient à bout, prêtes à partir. Puis un jour, les circonstances ont été en leur faveur et ce jour-là, le poste de manager leur à été offert sans blocages. J’ai tiré des leçons de leur foi et de leur fidélité dans la routine.

Alors, à tous ceux qui se lassent de la routine, je vous souhaite simplement de la persévérance !

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